ITURI : Le rapprochement intercommunautaire, un levier incontournable pour la paix.

Partager cet article...

Le chemin vers une paix durable en Ituri passe impérativement par le dialogue direct et inclusif entre les peuples. C’est fort de cette conviction que RADPI a organisé, le jeudi 14 mai 2026, une grande journée de rapprochement intercommunautaire à Bogoro, chef-lieu du groupement de Babyasi dans le secteur des Bahema Sud en territoire d’Irumu.

Cette rencontre de premier plan a réussi le pari de réunir les leaders et représentants des communautés Bahema Sud, Walendu Bindi et Walendu Tatsi, brisant ainsi les barrières pour jeter les bases d’un vivre-ensemble renouvelé en territoire d’Irumu.

L’objectif principal de cette activité était de créer un cadre d’échanges entre les membres des différentes communautés, d’identifier les principaux défis liés à la coexistence pacifique et de proposer des solutions locales. Elle visait également à renforcer la confiance entre les acteurs communautaires et à recueillir des engagements collectifs pour la paix et la cohabitation intercommunautaire.

Cette initiative majeure s’inscrit de plain-pied dans le cadre du Projet d’appui à la cohésion sociale par la résolution pacifique des conflits à travers le dialogue et la médiation communautaire. Exécuté par le RADPI en partenariat technique et financier avec Trocaire, ce programme s’intègre dans le cadre du Programme Islandais de la Société Civile (ISCP 2023-2027)

Cette initiative en cours réaffirme l’urgence de substituer la culture de la concertation à celle de l’affrontement, en outillant les acteurs locaux sur la notion de la cohésion sociale et de la médiation pour qu’ils deviennent les propres artisans de la paix.

Le chef du secteur des Bahema Sud, Kataloho Takumara André, a salué avec enthousiasme une démarche qu’il juge salvatrice pour leurs communautés. L’autorité sectorielle a vivement remercié le RADPI pour cet espace d’expression avant de formuler le vœu de voir les résolutions prises être capitalisées et rigoureusement appliquées dans les trois entités, pour garantir la libre circulation des populations et une cohabitation pacifique durable. Il a conclu son propos par un appel pressant à la maturité collective, exhortant la population à abandonner définitivement la violence pour recourir systématiquement à la médiation en cas de différends.

De son côté, Serge Namira, chef de projet au sein du RADPI, a rappelé la vision stratégique qui sous-tend cette action humanitaire et sociale. Selon lui, l’objectif fondamental consiste à désamorcer les tensions en amont en incitant les communautés à identifier elles-mêmes, sans tabou, les défis qui freinent la cohésion sociale, tout en co-construisant des pistes de solutions durables. Le cadre du RADPI a insisté sur la responsabilité de chaque participant, les invitant à devenir des partisans de la paix et à privilégier l’échange constructif chaque fois qu’un problème surgit au sein de la communauté.

La méthodologie participative de la journée, matérialisée par des travaux intenses en carrefours, a permis d’accoucher d’un diagnostic sans complaisance des dynamiques locales et de propositions concrètes adaptées aux réalités du quotidien dans les communautés

Ce succès repose indéniablement sur le caractère hautement inclusif de l’événement, qui a mobilisé les autorités coutumières et administratives, la société civile, les structures féminines, ainsi que des représentants des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et de la Police Nationale Congolaise.

Unies par une même volonté de changement, toutes les parties prenantes sont reparties de Bogoro scellées par un engagement unanime : œuvrer sans relâche pour la paix, et rien que la paix, dans leurs entités respectives.


Partager cet article...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut